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Histoire des robes smocks
- Cet art remonte au XIIème ou XIIIème siècle et commença
par le plissage des chemises, ce vêtement ample porté comme linge de
corps. Avant tout une technique de couture, les smocks sont maintenant
des bandes de tissu finement plissés et retenus en place par des points
faits sur la face visible des plis. Les points utilisés peuvent n'être
que fonctionnels, ou hautement décoratifs. Les smocks sont utilisés
comme parure de vêtement (robe de bébé, linge de nuit et robes d'été
pour femmes et enfants), les coussins, sacs à main, etc.
Cette
broderie, exécutée sur de petits plis verticaux, permet de diminuer
ponctuellement la largeur d’un vêtement, au niveau de l’empiècement par
exemple, tout en laissant une certaine élasticité.
Smock était le
nom anglais de la blouse portée jusqu’au début du XXème siècle par les
ouvriers agricoles, les bergers, les charretiers et les marchands
anglais et gallois. Il s’agissait d’un large vêtement en forme de T,
réalisé dans un sergé ou une toile de coton ou de lin épais, dont les
empiècements devant et dos, les épaules et les poignets étaient
resserrés au moyen de rangées de broderie. Avec son large col doublé,
cette blouse protégeait des intempéries tout en laissant une grande
liberté de mouvement.
Les robes des différentes régions de
Grande-Bretagne se distinguaient par des variantes au niveau de la
largeur des bandes froncées, des points employés (points de tige, de
câble, de chaînette ou d’épine, ou encore nid d’abeille) et des motifs
(vagues, zigzags, spirales, cercles, coeurs, feuilles). Vers la fin du
XIXème siècle, ils disparurent peu à peu, le Surrey et le Sussex étant
les dernières régions où l’on pouvait encore en apercevoir en 1920. La
plupart de ces blouses terminèrent leur carrière sur le dos maigre d’un
épouvantail.
Vers 1880 pourtant, une illustratrice de livres pour
enfants dessina pour ses petites-filles une robe dont l’ampleur était
ramenée à l’endroit de l’empiècement par des broderies smockées. Le
célèbre magasin Liberty reprit le modèle, qui n’a pas quitté depuis
lors la mode enfantine. Toutes les collections de prêt-à-porter pour
enfants proposent ainsi des robes ornées de smocks, marque d’une
élégance « bon chic, bon genre ». Les robes à smocks pour femmes
apparurent ensuite, à l’occasion de la lutte féministe contre le port
du corset. Entre 1930 et 1940, ce type de broderie fut très populaire
sur les sous-vêtements féminins et les robes, en partie pour sa
facilité de réalisation.
Dans le courant des années 1970, la mode
emprunta aux costumes folkloriques. On découvrit alors que les Balkans
et les pays de l’Est européen se servaient également
- dans des coloris plus vifs et alliés à d’autres formes de broderies -
pour régler la largeur des blouses, des jupes et des chemises.
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